Symptôme - Troubles non moteurs dans la maladie de Parkinson

Causes

        Les troubles non moteurs (ou cognitifs - symptômes relatifs à l’intellect de façon générale) sont le résultat de l’atteinte des ganglions de la base (noyaux gris centraux impliqués dans la réalisation des mouvements, mais la détérioration de ces ganglions explique aussi les troubles de la mémoires et les troubles de l’humeur (dépression). Les troubles cognitifs s’expliquent par la destruction des neurones synthétisant la dopamine. En effet, la destruction de la voie dopaminergique est importante puisqu’elle concerne de 70 à 90 % de la population de neurones.

 

A quoi s’attendre

   Au quotidien, les problèmes de planification se traduisent notamment par des difficultés d’organisation et de structuration au moment d’accomplir une tâche. Votre proche pourra se sentir un peu « éparpillé », ne sachant pas se fixer sur ce qu’il est en train de faire. Il aura l’impression d’être moins efficace.

        Les troubles de la planification peuvent aussi d’exprimer par des difficultés à anticiper, à prévoir les tâches à accomplir. Alors, même des problèmes simples peuvent s’avérer insolubles car les informations se structurent mal dans l’esprit de la personne  et la succession d’opérations à réaliser ne peut être planifiée.

     Les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, peuvent aussi présenter des difficultés à retrouver les noms des personnes, des lieux, des titres de films ou des mots peu fréquents. L’expression familière « avoir le mot sur le bout de la langue » correspond très exactement à cette sensation: au moment de produire le mots, on est incapable de le retrouver précisément même si on est certain de la connaitre et qu’on le sent prêt à ressurgir à l’esprit.

     La flexibilité mentale permet de passer d’un comportement à un autre selon les exigences de l’environnement. Elle agit sur la capacité à adapter ses choix en fonction du contexte, ce qui suppose de renoncer au choix précédents pour se diriger vers un autre, plus pertinent.

     Au quotidien, quand cette fonction est altérée, cela se manifeste par des difficultés à passer rapidement d’une activité à une autre, ou d’une idée à une autre. La personne malade pourra aussi parfois ressentir de la perplexité face à un choix à faire, une situation nouvelle ou un changement brusque dans le déroulement d’une activité en cours.

        Dans la maladie de Parkinson, on rencontre aussi, même dès le début de la maladie, des troubles de l’attention, cela se traduit dans le quotidien par des troubles de concentration ou une fatigue intellectuelle. La personne lit moins longtemps ou interrompt plus souvent la lecture de son livre, l’esprit divague plus facilement lorsqu’elle regarde un film ou une émission à la télévision. Parfois, elle « décroche » dans les conversations. Elle se sent plus vite fatiguée sur le plan intellectuel et les tâches qui lui semblaient faciles auparavant requières maintenant davantage d’efforts. Elle aura également des difficultés à réaliser plusieurs tâches simultanément, par exemple entretenir une conversation tout en essayant de réaliser une tâche domestique. Elle devra alors se concentrer sur une activité à la fois. Elle sera également plus facilement distraite par des sources extérieures. Elle pourra aussi abandonner une activité et enchaîner sur une autre, car son attention aura été soudainement attirée ailleurs. Cela marquera, à terme, un manque d’efficacité et d’organisation.

Le ralentissement cognitifs est l’une des manifestation majeures de la maladie de Parkinson. Il est considéré comme un ralentissement global de la vitesse de traitement de l’information. L’activation de la pensée est moins vive, les informations sont traitées plus lentement par le cerveau.

 

Comment réagir

  • L’abandon d’une tâche qui parait trop difficile entraine le risque que votre proche malade ne veuille plus jamais aborder d’autres tâches du même type dans le futur. Il est important d’accompagner votre proche dans ces tâches le plus longtemps possible.
  • Quand notre proche expérimente le « mot au bout de la langue », il ne faut pas paniquer. Le mot que votre proche cherche, n’a pas disparu de sa mémoire, seul le chemin d’accès est perturbé momentanément; il le retrouvera sans difficulté plus tard.
  • Si on a des troubles de flexibilité mentale, il ne faut pas se précipiter dans l’action. Il faut plutôt s’accorder quelques minutes de réflexion qui nous permettront de prendre la distance nécessaire pour la bonne décision.
  • Si on a des troubles de l’attention, il est important de nous focaliser sur une seule activité à la fois, tout en l’entrecoupant de pauses qui permettent aux systèmes attentionnels de se reposer.
  • Si notre proche présente un ralentissement de la pensée, il est important de minimiser les manifestations d’impatience qui peuvent bloquer davantage votre proche.

 

Référence:

Anne-Marie Bonnet, Virginie Czernecki, Thierry Hergueta: « La maladie de Parkinson: au-delà des troubles moteurs »