Symptôme - Schizophrénie : la première bouffée délirante  

Comment faire face ?

Qu’est-ce qu’une bouffée délirante ?

Une bouffée délirante est l’un des symptômes de la schizophrénie. Cette dernière est une pathologie chronique au long cours durant la laquelle le sujet peut être en prise à des crises (dites paroxystiques) : la personne est alors notamment en proie à des hallucinations, elle est extrêmement anxieuse et peut délirer. Ces épisodes durent généralement de plusieurs jours à plusieurs semaines et peuvent se répéter si la personne ne suit pas un traitement régulier (voir nos fiches dédiées).

En général, la première bouffée délirante à lieu entre 15 et 25 ans, âge auquel le cerveau est en pleine maturation.

Un coup de tonnerre dans un ciel bleu

Du jour au lendemain, la personne que vous côtoyez semble changée : fous rires, délires, besoin d’isolement, brusques changements d’humeur, insomnies… Les manifestations peuvent parfois être spectaculaires ou terrifiantes, voire les deux à la fois : votre conjoint va du jour au lendemain décider de changer d’emploi ou envisager de partir au Sri Lanka et faire des scénarios irréalistes. Votre fille est sujette à des cauchemars toutes les nuits et pousse des hurlements dans son sommeil. Votre ami a cessé d’aller en cours depuis plusieurs jours et s’enferme dans sa chambre.

 

Bref, les manifestations sont multiples et très variables d’un individu à un autre. Les comportements que nous venons de lister peuvent se manifester au début d’une bouffée délirante et s’amplifier au fur et à mesure, ce qui peut générer des situations extrêmement perturbantes pour la personne atteinte comme pour son entourage, voire dans certains cas des situations à risques.

Exemple :

Jean-Christophe, aujourd’hui âgé de 40 ans, a eu sa première bouffée délirante à l’âge de 22 ans. Il était alors étudiant en droit et avait des résultats tout à fait honorables. Au cours de l’été, il a commencé à se sentir anxieux et à avoir des difficultés à dormir. Puis, il a quitté son appartement et a donné ses meubles pour emménager chez des amis. En septembre, il a décidé de ne pas retourner à l’université et a trouvé un petit boulot.

Jusqu’ici, on pourrait croire à une simple remise en question de Jean Christophe et à un changement de mode de vie. Cependant, JC est vite devenu difficile à vivre : il va et vient dans la maison de ses amis à longueur de journée, tient des propos incohérents à propos de complots imaginaires, ne fait pas le ménage et semble totalement déconnecté de la vie réelle au point que ses amis ne veulent plus l’héberger. En effet, ces derniers ne savent pas comment réagir et ne supportent plus son comportement.

Jean Christophe retourne donc vivre pendant quelques temps chez ses parents mais les troubles de son comportement s’accentuent et ses parents se sentent impuissants. Un matin, sa mère se rend compte que JC n’est pas dans sa chambre et qu’il a quitté le domicile. Très inquiète, elle appelle la police et leur décrit le comportement de son fils. Quelques heures plus tard, il sera retrouvé, caché dans la forêt. Victime d’hallucinations, il se croyait poursuivi par des individus étranges et tentait de leur échapper. Jean Christophe est alors amené aux urgences et diagnostiqué comme atteint de schizophrénie paranoïde.

 

Cet exemple est relativement classique et on voit bien les symptômes apparaître au fur et à mesure : désorganisation du quotidien, anxiété, délires, hallucinations, etc. La bouffée délirante croît en intensité au fil des semaines et c’est après plusieurs semaines que la situation devient très problématique. Les proches de Jean Christophe semblent totalement déstabilisés car c’est la première fois qu’ils voient leur ami / fils agir de la sorte. De plus, il est très difficile de se rendre compte de l’extérieur qu’une personne a des hallucinations, d’autant plus lorsque l’on n’est pas prévenu.

 

Quelles conséquences ? Que faire ?

Lors de la première bouffée délirante, il est très difficile de réagir en tant que proche et il est indispensable de faire appel aux professionnels de santé pour éviter les dérapages mais même dans les meilleurs cas, une crise laisse des traces. Nous avons ainsi pu voir, dans l’exemple de Jean Christophe, les conséquences qui ont été palpables pour lui : la perte de son logement et il est possible qu’il se soit durablement brouillé avec certains de ces amis. De plus, une bouffée délirante peut être dans certains cas traumatisante pour la personne en proie à des hallucinations et elle peut ressentir une profonde culpabilité par rapport à ses actes.

A ce moment précis, celui du diagnostic, il faut prendre en compte l’avis des médecins, éventuellement en consulter plusieurs pour multiplier les avis. Il peut être aussi nécessaire d’expliquer la situation aux amis ou collègues de votre proche qui peuvent avoir été blessés par son comportement. Enfin et surtout, il faut prendre conscience qu’il s’agit d’une pathologie au long cours qui demande un traitement long et qu’un individu comme Jean Christophe ne pourra pas reprendre immédiatement ses études de droit mais qu’il a avant tout besoin d’être pris en charge et de connaître ce dont il est atteint.