Symptôme - L’équilibre, la marche et la posture dans la maladie de Parkinson

 

L'équilibre, la marche et la posture dans la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson atteint aussi les organes permettant le déplacement et le maintien du corps dans l’espace. Les personnes auront donc des difficultés à réaliser des mouvements naturels tels que la marche ou du passage d’un obstacle. Ces troubles sont variables en intensité et dépendent de l’avancement de la maladie. Dans les derniers moments de la maladie, les patients pourront aussi ressentir des nausées ou des états de confusions causés par des troubles de l’équilibre.

Les troubles de la marche

Environ 15 % des personnes atteintes de Parkinson présentent des troubles de la marche. En début de maladie, ce trouble est unilatéral et touche surtout les membres inférieurs. En effet, la partie haute du tronc est légèrement penchée en avant ce qui peut déséquilibrer la personne et donner une impression de trainer une jambe. Au cours de l’évolution de la maladie, le patient aura de plus en plus de mal à marcher et effectuera des petits pas parfois trainant. A un stade plus avancé de la maladie, on observe des difficultés à démarrer souvent appelée hésitation au démarrage. La personne atteinte aura tendance à accélérer ensuite la marche avec des pas de plus en plus petits et c’est là qu’apparaissent les risques de chutes (la festination). Le corps restera toujours très penché en avant. Le passage d’obstacle ou d’espace rétréci sera lui aussi plus difficile ; le patient effectuera un piétinement sur place avec une difficulté à rester debout : on parle d’astasie piétinante.

 

Les troubles de la posture et de l’équilibre

Les troubles de la marche s’accompagne souvent de trouble de la posture et donc de l’équilibre. Les premiers effets se sentiront dans les capacités fonctionnelles. La personne aura des difficultés à se lever d’une chaise, sortir du lit ou monter les escaliers. La posture sera perturbée de différentes manières : perte du contrôle de centre de gravité, difficulté à initier le mouvement, longueur des pas diminuée, double appui durant la marche… Tous ces troubles de la posture peuvent donc déséquilibrer la personne et amener à des chutes plus ou moins fréquentes.

On distingue 5 stades dans le déséquilibre de la posture :

0 : posture droite

1 : Posture légèrement fléchie qui ressemble à la posture due au vieillissement.

2 : Posture fléchie, nettement anormale : souvent asymétrique

3 : Posture sévèrement fléchie avec flexion et cyphose (déformation de la colonne vertébrale au niveau de la colonne dorsale) : posture modérément penchée dû à un syndrome extra-pyramidal (lésion des neurones du système nerveux central)

4 : Flexion marquée avec posture très anormale

 

Causes

La marche ainsi que la posture repose sur les capacités musculaires automatiques (réflexes) permettant de compenser les effets de la gravité et aidant à trouver l’équilibre. Dans la maladie de Parkinson, ces mouvements reflexes sont perturbés et l’adaptation posturale devient donc difficile. De plus, le trouble de la marche n’est pas un trouble moteur pur mais sensori-moteur, il fait intervenir des organes sensoriels spécifiques (perception du mouvement ou perception spatiale) et des mouvements réflexes. Cela rend donc l’exécution de suite de mouvements difficiles.

Les ganglions de la base sont une partie très profonde du cerveau composées de petits régions interconnectées permettant la mise en place de mouvements complexes (et de bien d’autres opérations cognitives). Il a été démontré qu’une activité électrique anormale  dans cette région du cerveau était en lien avec l’apparition de la rigidité et de la lenteur musculaire.

 

A  quoi s’attendre 

•   La personne atteinte par la maladie va progressivement rencontrer plus de difficultés avec les déplacements.

•   Pour initier la marche, les personnes vont devoir piétiner ou s’élancer vers l’avant afin de pouvoir initier la marche. Cela pouvant causer des chutes aux conséquences graves.

•   Dans les étapes avancées de la maladie, il est possible que les personnes rencontrent des problèmes pour initier la marche (comme si leurs pieds étaient « gelés »).

•   Les organes de l’équilibre n’étant plus efficaces, il se peut que les personnes tombent vers l’arrière et chutent.

•   Des nausées peuvent arriver et aussi causer des accidents graves

 

 Comment réagir

•   Si les risques de chutes sont importants, alors il faut s’assurer de les minimiser au maximum. Pour cela il faudra utiliser des outils adaptés dans le quotidien : Cannes, corsets dorsaux, fauteuils roulants, barres de soutien par exemple. Adapter le logement de la personne est aussi préconisé : un appartement accessible uniquement par un escalier sera ainsi déconseillé. Privilégier aussi les portes larges et éviter les espaces étroits.

•  Quand des situations de blocage dans la marche ou dans les gestes surviennent, encouragez la personne à fournir de plus grands efforts.

•   Il existe de petits tours afin de passer le cap du premier pas. La personne doit s’imaginer qu’elle enjambe un obstacle. Elle peut aussi se focaliser sur un détail du sol (une ligne) et faire l’effort de l’enjamber.

•   Laissez le temps à la personne pour réaliser ses activités. Elle doit pouvoir trouver des solutions propres pour garder une autonomie dans le quotidien.

 

Références : American Parkinson disease Association; INC