Symptôme - L'anxiété dans la schizophrénie

L'anxiété : définition

Elle doit être différenciée de la peur. L'anxiété correspond à une sensation de malaise généralisé présent de manière parfois constante chez certaines personnes atteintes de schizophrénie, notamment en cas de schizophrénie paranoïde. L'anxiété ne correspond pas à une menace identifiée mettant en danger la personne à un instant T, mais à des situations en devenir perçues comme potentiellement incontrôlables. Elle peut engendrer des insomnies, des tremblements, des sueurs froides, des crises de panique ou encore une augmentation de la pression artérielle.

L'anxiété fait partie des symptômes négatifs dans la schizophrénie, néanmoins son impact peut être amplifié par les symptômes positifs (hallucinations, délires...). 

Exemple : le fait d'entendre des voix désagréables vous donnant des ordres peut être un facteur de stress qui amplifie l'anxiété.

D'autres facteurs peuvent amplifier l'anxiété : la désinsertion sociale, le sentiment d'inutilité. Les bouffées délirantes peuvent aussi être parfois traumatisantes pour quelqu'un atteint de schizophrénie et ainsi accroître le trouble de l'anxiété.

Conséquences de l'anxiété

Retrait social :

Une personne souffrant d'anxiété peut éprouver un sentiment d'inconfort dans ses interactions avec d'autres personnes et se sentir mal à l'aise face à des personnes qu'elle ne connaît pas. Elle va tendre à ne pas sortir de son environnement habituel. Le simple fait de voyager peut être très perturbant pour quelqu'un souffrant d'un trouble majeur de l'anxiété. Elle peut aussi ressentir un fort besoin d'isolement, même vis-à-vis de ses proches.

Exemple : Monsieur M. souffre d'un trouble de l'anxiété, trouble qui fait partie des symptômes d'une schizophrénie. Sa famille vient régulièrement lui rendre visite. Toutefois, au bout d'un temps d'environ deux heures, monsieur M. ressent le besoin de s'isoler et demande généralement à sa famille de se retirer. De la même manière, lors de dîners de famille, monsieur M. ressent parfois le besoin de se retirer dans un lieu calme. Cette manifestation est courante, mais elle peut être dérangeante pour l'entourage qui peut penser que monsieur M. ne souhaite pas leur compagnie alors qu'il ne s'agit que d'une manifestation de son anxiété.

Insomnies :

L'anxiété peut engendrer de fortes difficultés à dormir : les cauchemars, les mauvais rêves peuvent être fréquents. De plus, le sommeil n'est alors plus perçu comme un moment de repos, mais comme un générateur de stress supplémentaire.

Sanctuarisation du domicile :

Afin d'éviter les situations stressantes, les personnes souffrant d'anxiété veulent parfois avoir un contrôle étroit sur certains aspects de leur quotidien afin de ne pas être confrontées à des situations perturbantes. Leur domicile / chambre devient un lieu sécurisant, mais dans lequel ils n'autorisent à entrer que certaines personnes, comme leur famille, après leur avoir donné la permission. Arriver à l'improviste peut être par exemple mal perçu.

Achats compulsifs et accumulation :

Partiellement liée à d'autres symptômes tels que l'apragmatisme, cette conséquence est parfois frappante. Une personne souffrant d'une forte anxiété peut craindre de manière irrationnelle de manquer d'un bien particulier. Elle va donc tendre à accumuler ce bien dans des proportions irrationnelles et avoir par exemple 30 paquets de café dans ses tiroirs. Il peut aussi s'agir de tabac, de nourriture...

L'anxiété peut aussi occasionner des achats compulsifs qui rassurent la personne, même si ces achats peuvent lui être préjudiciables dans la tenue de son budget : acquisition d'un ordinateur, d'un instrument de musique. La personne peut aussi éprouver la crainte de ne plus pouvoir obtenir ces biens / services et fait le choix de les acquérir au plus vite.

Addiction :

L'addiction à l'alcool, à la cigarette est très courante chez les personnes souffrant de trouble anxieux et a fortiori de schizophrénie. D'autres addictions comme celle au cannabis peuvent survenir. Il peut être nécessaire de consulter un médecin, d'autant que la consommation de substances peut venir interférer avec le traitement médicamenteux. 

La consommation de tabac, d'alcool ou autre est cependant souvent une réponse à l'anxiété et une forme d'automédication. Blâmer la personne pour sa consommation n'est donc pas une solution toujours optimale (ce qui peut être aussi le cas pour une personne en bonne santé).

Enfin, l'anxiété massive peut dans certains cas mener au suicide de certains patients. C'est pourquoi il s'agit de l'un des symptômes à prendre particulièrement au sérieux dans le cadre de la schizophrénie.