Symptôme - La dépression dans la maladie de Parkinson

La dépression dans la maladie de Parkinson

La dépression se caractérise par une diminution de la volonté en générale, des idées sombres et une faible propension à interagir avec les autres. Mais avant toute chose, il est important de différencier la dépression due à Parkinson, qui est un symptôme à part entière, et celle due au diagnostic.

La dépression liée au diagnostic de Parkinson :

Cette dernière dépend, en premier lieu de l’annonce du diagnostic, mais aussi de la difficulté à faire face aux différents symptômes parfois très handicapants. Le patient ressent une détresse psychologique et une sensation d’impuissance (il est incapable de palier à la maladie), une peur vis-à-vis de l’évolution de la maladie et une modification importante des rapports avec son entourage. La dépression due au diagnostic nécessite surtout un encadrement médical et familial important. Il est aussi possible de consulter un spécialiste qui aidera le patient à mieux appréhender son propre état.

La dépression due à la maladie de Parkinson :

Les troubles dépressifs  se retrouvent dans presque 50% des cas de maladies de Parkinson. Il s’agit, dans de rares cas, d’un des symptômes aidant au diagnostic, quand les autres sont peu marqués et cela notamment, dans les débuts de la maladie. Cependant, il est très fréquent que la dépression (très souvent sous-évalué), soit l’un des premiers symptômes à apparaître. Cela est dû à l’impact du manque de dopamine sur la sensation de plaisir, la régulation de l’humeur ou l’état psychologique des patients. En effet, la plupart des neurones dopaminergiques sont impliqués dans la régulation des émotions et cela peut avoir des effets sur le moral du patient. Dès que le patient commence un traitement médicamenteux à base d’un précurseur de dopamine, comme la L-Dopa, les symptômes de la dépression dus à la maladie diminuent.

Dans les deux cas, des médicaments peuvent être prescrits par un médecin pour pallier aux effets de la dépression. Il est aussi possible de suivre une psychothérapie qui peut s’avérer utile dans certain cas.

 

Les causes

L’association très fréquente entre maladie dégénérative et syndrome dépressif fait de ce dernier un symptôme majeur de la maladie. Mais ce n’est pas toujours le cas. Se pose alors la question de l’implication de ces réactions cérébrales et physiologiques dans la gestion de la maladie par l’individu. Est-ce une conséquence directe des modifications du cerveau ? Une réaction naturelle pour combattre la maladie ? Il est clair qu’une grande partie de l’état dépressif des patients est dû au manque de dopamine, impliqué dans les réactions émotionnelles. Cependant il est parfois difficile de le distinguer de celui dû au diagnostic et à la sensation d’impuissance du patient face à l’évolution de la maladie.

A quoi s’attendre ?

•  La personne va avoir souvent des idées noires et récurrentes, ayant fréquemment pour thème la mort. La personne atteinte par la maladie pourra aussi avoir un sentiment d’inutilité, d’être un poids pour ses proches…

•  Les troubles du sommeil déjà fréquents chez les personnes âgées peuvent se voir accentués par  l’apparition d’une dépression. La personne ne pourra donc pas trouver le sommeil ou au contraire ressentir une grande fatigue.

•   La personne atteinte par la maladie de Parkinson pourra montrer une incapacité à se motiver dans les activités du quotidien ainsi que pour ses hobbies.

•   La dépression change l’expression et la lecture des émotions, pouvant provoquer des changements de personnalité radicaux chez la personne dépressive. Il peut s’agir de comportements craintifs ou fébriles ou à une incapacité à s’adapter à des situations inattendues.

•   La personne atteinte par une dépression peut avoir des idées de suicide et montrer une forte anxiété caractérisée par des crises d’angoisses la plupart du temps.

 

Comment réagir ?

•   Il est très important de garder la personne dans une activité constante et un cadre de vie enrichissant. En effet, la dépression n’a pas seulement des causes biologiques et cérébrales mais aussi psychologiques. Une personne en perte d’autonomie peut perdre courage face aux restrictions imposées par la maladie.

•   Les activités sportives sont très recommandées pour atténuer les troubles dépressifs. Elles doivent être adaptées à l’âge et aux conditions physiques et médicales de la personne voulant les pratiquer.

•   Il faut éviter de répondre de manière agacée ou brusque. Les messages peuvent être sur-interprétés et mener à des interactions parfois violentes.

•   Essayer de préserver les habitudes de votre proche peut lui permettre de lutter contre la dépression et les changements d’humeur. Les personnes atteintes de Parkinson ont tendance à ne pas supporter l’imprévu et il est nécessaire que leur quotidien soit orchestrer le mieux possible.

•   Continuer à prévoir avec les patients de nombreux projets leur permettant de prendre conscience qu’ils peuvent encore avoir des nombreuses activités diverses

•   Consulter le psychologue du service de neurologie dans lequel la personne est suivie. Habitué à rencontrer ce genre de situation, il sera plus à même de répondre aux attentes et questions de la personne »).

Référence : American Parkinson disease Association, INC