Symptôme - Dysarthrie dans la maladie de Parkinson

Dysarthrie dans la maladie de Parkinson

La dysarthrie est un trouble de l'articulation de la parole provoqué par une lésion du système nerveux. Il s'agit d'une atteinte neurologique fréquente dans la maladie de Parkinson, touchant l'exécution motrice de la parole.

Description et traitement

 Les dysarthries regroupent les altérations de la voix et de l’articulation. Elles peuvent s’accompagner de troubles de la déglutition et autres fonctions de la bouche. Il n’existe pourtant pas de paralysie ou de lésions des organes de la phonation (c’est-à-dire de la langue, des mâchoires, du larynx, entre autres).

Les troubles de la parole dans la maladie de Parkinson sont assez significatifs. Le langage chez les personnes présentant cette maladie peut être caractérisé par une perte d’intensité (appelé aussi hypophonie) et une perte des modulations (parole monotone).

Ainsi, les troubles de la parole dus à la maladie de Parkinson sont caractérisés par une réduction de l’accentuation, une parole monotone et la présence de silences inappropriés. Il existe également une imprécision des consonnes. La voix est hypophone (peu intense) et souvent rauque.

La dysarthrie est peu sensible aux traitements médicamenteux et chirurgicaux, donc la prise en charge orthophonique est très importante pour lutter contre l’évolution des troubles et pour améliorer la qualité de vie de la personne.

Apparition et évolution

Ces troubles peuvent apparaître dès le début de la maladie, ou même dans la période pré-diagnostique, représentant aussi un marqueur clinique de la maladie. Ce symptôme de la maladie est souvent négligé au stade précoce et il ne retient l’attention que lorsque les troubles atteignent un degré important de sévérité induisant une perte d’intelligibilité. Pour cette raison, il faut être réceptif à notre proche pour identifier ces déficits et mettre en place une prise en charge orthophonique aussi tôt que possible. L’efficacité de cette prise en charge est plus importante lorsqu’elle est instaurée dès le stade initial de la maladie.

Au fil du temps, la dysarthrie peut constituer un handicap majeur entraînant un retrait social, une perte d’estime de soi et un isolement, toujours vécus très douloureusement par la personne.

Parallèlement, il existe dans la maladie de Parkinson un déficit de perception de soi qui ne permet pas à la personne de prendre conscience de la qualité de sa parole et donc de réajuster le geste moteur pour améliorer sa parole. Ainsi, la personne parle à voix très faible mais, a la sensation de parler normalement. Quand elle parle à une intensité normale, elle a l’impression de hurler.

Il est par conséquent important d’avoir la patience d’écouter notre proche et de ne pas terminer les phrases à sa place, pour éviter de le brusquer. La personne présente seulement un trouble de langage et non pas de l’intelligence, il faut donc uniquement s’adapter à son rythme. Au cas où la compréhension de la personne serai difficile, il est utile de lui faire répéter la phrase afin de la rassurer. De même, il est recommandé de poser des questions fermées, de types oui/non pour faciliter la conversation. Nous pourrons aussi demander à notre proche, ce qui pourra nous permettre de mieux communiquer avec lui, comme par exemple un tableau de communication, les gestes, ou l’écriture. L’utilisation d’un amplificateur pourra également être utile.

Avec l’avancée de la maladie, de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson éprouvent ces problèmes de communication découlant de symptômes moteurs et non moteurs. La capacité des personnes atteintes à fonctionner et à interagir avec les autres peut varier selon qu’elles sont sous l’effet actif ou inactif des médicaments.

Dans le cas des changements cognitifs, une détérioration des habiletés du langage, de la capacité à comprendre les signes non verbaux et de la rapidité du processus de pensée (bradyphrénie) peut entraîner un retard et parfois une confusion dans le processus de communication.

Quelques conseils

Voici quelques conseils pour communiquer efficacement avec une personne atteinte de la maladie de Parkinson :

  • Choisissez des moments où la personne atteinte est sous l’effet actif des médicaments pour parler de sujets importants.
  • Faites attention à la façon dont vous parlez ainsi qu’à ce que vous dites. Parlez clairement en faisant des phrases courtes et soyez attentif au ton de votre voix. Par exemple, évitez de paraître impatient ou frustré.
  • Laissez du temps à la personne pour répondre.
  • Soyez un interlocuteur actif grâce à des signes non verbaux, comme des hochements de tête, un  contact physique (toucher le bras de la personne) ou visuel (si c’est culturellement approprié).
  • Invitez la personne à parler fort lorsqu’elle répond.
  • Demandez à la personne ce qu’elle ressent ou ce à quoi elle pense lorsque son expression faciale masque ses réponses.
  • Eviter tout énervement qui ne fera qu’accentuer ses difficultés à parler et à articuler. En effet, de nombreux troubles dans la maladie de Parkinson sont étroitement liés à l’état émotionnel de la personne
  • Le chant peut être une bonne façon de les encourager à utiliser leur voix sans pour autant forcer.

En conclusion

Il est important de préciser que toutes les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et qui ont des problèmes de communication n’ont pas nécessairement des problèmes cognitifs ou ne sont pas en train d’en développer. Inversement, lorsqu’une personne atteinte de la maladie éprouve des problèmes cognitifs, des problèmes de communication comme ceux mentionnés plus haut peuvent faire paraître leurs symptômes pires qu’ils ne le sont. D'autre part, la perte d’aptitudes à la communication due à la maladie de Parkinson peut cacher des changements cognitifs.

Pour aider les professionnels de la santé à déterminer la cause des problèmes de communication d’une personne, il peut être très utile de prendre note de vos observations.