Symptôme - Anosognosieet schizophrénie

Lesymptôme du déni ? Définition

 

L’absence de conscience de sa propre condition

L’anosognosie implique que la personne ne se rend pas compte qu’elle est malade et en conséquence qu’elle n’a pas besoin de traitement ou d’être hospitalisé. Le recours à des médecins lui paraît donc inutile. Dans le cas de la schizophrénie, la personne malade considérera ses hallucinations comme faisant partie de la réalité au même titre que ses proches.

Ce point est à souligner : un schizophrène éprouve donc de très grandes difficultés à ignorer ses hallucinations qui, dans certains cas peuvent être fortement gênantes ou désagréables voire peuvent déclencher une réaction de peur panique.

Enfin, ce facteur peut s’apparenter à un déni de la part du malade qui refuserait de prendre en compte l’avis de ses proches et des médecins. Il faut aussi prendre en compte que le corps médical peut être perçu comme incompétent ou encore comme menaçant par le patient, parfois à cause des hallucinations et du délire, notamment en cas de schizophrénie paranoïde (forme courante de schizophrénie impliquant des peurs irrationnelles très fortes)

 

Quelles implications pour la prise en charge de la schizophrénie ?

L’anosognosie peut engendrer des difficultés majeures, notamment concernant la prise du traitement et le suivi de thérapies : le patient les considérera comme inutiles et ne prendra pas régulièrement ses médicaments ou ne viendra pas aux séances prescrites par son médecin. Il s’agit d’une réaction courante qui peut être enrayée par un travail de fond parfois assez long et pouvant prendre plusieurs années dans certains cas.

Une personne atteinte de schizophrénie peut ainsi se sentir « guérie » grâce au traitement et arrêter de prendre ses antipsychotiques ou ses neuroleptiques. Cet arrêt entrainera dans de nombreux cas une rechute et demandera parfois une hospitalisation, et ce, même si la personne paraissait stabilisée depuis plusieurs années.

 

Comment agir ?
 

Anosognosie et hallucinations

Il faut avant tout prendre en compte que ce « déni » de la maladie n’est absolument pas volontaire de la part de votre proche. Le forcer à admettre qu’il a des hallucinations et qu’il a besoin de soins n’est pas toujours une bonne solution. Evitez par exemple de vérifier si ce qu’il vous décrit est réel : « Mais tu vois bien qu’il n’y a personne de caché derrière cette voiture ». Cela risque de créer un sentiment d’échec et d’incompréhension.  Lui faire comprendre plus doucement que vous vous inquiétez pour lui peut être ainsi une meilleure option. Avec le temps et une psychothérapie adaptée, une personne souffrant de schizophrénie peut apprendre à vivre avec ses hallucinations lorsqu’elles ne sont pas supprimées par le traitement.

 

La prise de médicaments

En ce qui concerne la prise de médicament, plusieurs solutions existent et dépendent aussi de l’évolution de la pathologie. Instaurer une forme de petit rituel rassurant autour de la prise des médicaments peut permettre à la personne de moins se sentir malade. L’injection retard peut être aussi une solution : une seule prise de médicament toutes les deux semaines devient nécessaire avec la venue d’un infirmier, ce qui garantit une certaine régularité.

Pourtant une solution pouvait être adaptée il y a deux ans et ne plus l’être aujourd’hui : il est crucial de responsabiliser la personne dans sa prise de médicament.

Enfin, gardez à l’esprit que le traitement requis a en général de puissants effets secondaires qui peuvent être dommageable pour votre proche. Demander à son médecin un aménagement du traitement peut aussi être une solution. Trouver des activités ou des astuces pour pallier aux effets secondaires est aussi fortement conseillé. Par exemple, modifier légèrement l’heure de prise d’un médicament entrainant des somnolences et le prendre un peu plus tard peut avoir des effets bénéfiques.