Fiches pratiques - Les thérapeutiques spécifiques de la maladie de Parkinson

Traitements médicamenteux et chirurgicaux

Les thérapeutiques spécifiques de la maladie de Parkinson

Aujourd’hui, malgré les nombreuses recherches scientifiques, il est encore impossible de guérir la maladie de Parkinson. Cependant, il existe plusieurs traitements permettant de traiter les symptômes et offrant ainsi une qualité de vie correcte pendant plusieurs années.

La prise en charge thérapeutique de la maladie de Parkinson est complexe et s’appuie sur différents traitements médicamenteux et chirurgicaux. Elle dépend du patient et de son état ainsi que des informations recueillies par le patient et son entourage. Ces traitements varient donc d’une personne à l’autre et peuvent changer tout au long de l’évolution de la maladie.

 

Les traitements médicamenteux

La maladie de Parkinson étant causée par un manque de dopamine, la plupart des traitements sont à base de dopamine ou d’un agoniste de cette molécule (molécule mimant l’effet de la dopamine).

  • La L-dopa ou lévodopa est particulièrement efficace contre les troubles moteurs.  Elle est associée à un inhibiteur (molécule ralentissant une réaction) de la dopa-décarboxylase permettant d’économiser la dopamine présente (Benzerazide, Carbidopa ou générique). Elle permet de palier le manque de dopamine et diminue considérablement les symptômes. Cependant, après quelques années de traitements, elle induit plusieurs difficultés. La phase dite « lune de miel » prend fin et on assiste à une réapparition des symptômes. Cela commence par des phases d’alternance entre les périodes d’amélioration et la réapparition des symptômes moteurs. Ces phases sont assez prévisibles et notamment puisqu’elles sont dues à la courte vie de la L-Dopa dans l'organisme (4 à 6 heures). De plus, au fil des années les neurones dopaminergiques fonctionnent de moins en moins bien ; le stockage et la libération de dopamine deviennent de plus en plus compliqués. Au bout de quelques années et dans certains cas (15 %), on parle de phases on/off, très difficiles à anticiper accompagnées d’un passage brutal de phases de rémissions à des phases d’invalidité.

De plus, l’ajout de dopamine peut entrainer des complications motrices se manifestant par des mouvements anormaux involontaires tels que la chorée (mouvements brusques et irréguliers du corps) ou la dystonie (contraction musculaire prolongée). Ces complications peuvent être accompagnées de troubles non-moteurs tels que des nausées, une irritabilité accrue, une humeur variable, une perturbation du sommeil et de la transpiration et d’une hypotension artérielle.

  • Les agonistes (molécule mimant l’effet d'une molécule) de la dopamine vont agir directement sur les récepteurs de la dopamine. Ils sont le plus souvent utilisés en début de traitement et plus tard, associés à la L-Dopa. Il en existe une grande variété différant par le type de récepteurs qu’ils touchent ou leur mode d’administration (voie orale ou injection sous cutanée). Leur durée d’action est beaucoup plus longue que celle de la L-Dopa et occasionnent beaucoup moins de troubles moteurs. Cependant, leurs effets indésirables non-moteurs sont nombreux : nausées, somnolence, hypotension artérielle, hallucinations visuelles, troubles comportementaux…
  • Les inhibiteurs de la Monoaminoxylase ou IMAO permettent de bloquer l’enzyme dégradant la dopamine. Ils sont utilisés seuls en début de maladie ou en complément de la L-Dopa afin de prolonger ses effets. Cependant, l’association de ces molécules avec d’autres médicaments peut être risquée et notamment avec certains antidépresseurs. Ils peuvent aussi augmenter les effets indésirables de la L-Dopa.
  • Les Inhibiteurs de la Catéchol Ortho Méthyl Transférase ou ICOMT permettent de prolonger les effets de la L-Dopa. Ils ne peuvent pas être utilisés seuls puisqu’ils ne traitent aucun symptômes parkinsoniens. De plus, ils accentuent parfois les troubles moteurs et engendrent des diarrhées ou une coloration de l’urine.
  • Les anticholinergiques inhibent l’activité d’un autre neurotransmetteur agissant sur le fonctionnement du système parasympathique, l’acétylcholine. Ils agissent principalement sur les tremblements mais sont de moins en moins prescrits en raison de leurs effets secondaires (sécheresse de la bouche, nausées et troubles de la mémoire immédiate).

En plus de ces médicaments destinés principalement aux troubles moteurs, il existe de nombreux traitements agissant sur les troubles annexes et non-moteurs tels que les troubles de l’humeur, la dépression, la fatigue ou l’insomnie. Le médecin sera à même de prescrire différents traitements en fonction de l’état du patient.

 

Les traitements chirurgicaux

Depuis bientôt 15 ans, la chirurgie et notamment la stimulation cérébrale profonde (ou neurostimulation) a révolutionné le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson. Cependant, elle n’est pas adaptée à tous les patients. Elle permet d’améliorer les signes moteurs et de diminuer l’utilisation des médicaments.

  • La neurostimulation thalamique : elle agit uniquement sur les tremblements. Elle s'exerce par un effet "électrique" et consiste à implanter chirurgicalement deux électrodes de chaque coté de la boîte crânienne afin de stimuler les noyaux subthalamiques responsables des troubles du mouvement et de la rigidité musculaire. L'opération peut durer dix heures ou plus.
  • La neurostimulation pallidale : elle agit sur les dyskinésies (activités musculaires anormales dues aux traitements à la L-Dopa) mais est de moins en moins employée en France. Une sonde munie d’électrodes est implantée chirurgicalement dans le cerveau et est reliée sous-cutané à un neuro-stimulateur placé près de la clavicule.
  • La neuro-stimulation sous thalamique est pratiquée pour la première fois en 1993 (implantation d´électrodes dans le cerveau, stimulées par un pace maker). Elle est efficace sur l´ensemble des trois principaux symptômes : blocages, dyskinésies et tremblements. Elle améliore beaucoup la qualité de vie par la diminution des symptômes et des médicaments.

Toutes ces techniques chirurgicales présentent néanmoins des risques, tels que des saignements pendant l'opération ou d'effets secondaires après l'implantation ; une confusion mentale transitoire, une apathie ou des troubles de la parole qui peuvent être durables. De plus, il est important de noter que ces techniques ne s’adressent qu’à très peu de patients. Il s’agit des personnes souffrant d’une maladie de Parkinson « pure » et non d’un syndrome parkinsonien, présentant des signes axiaux peu avancés (troubles de l’équilibre ou de la parole) et dont la maladie est installée depuis au moins 5 ans. Les personnes atteintes doivent aussi être jeunes et en bonne santé ; après 70 ans les résultats étant moindres.

Enfin, la recherche continuant d’avancer, de nombreuses thérapies restent prometteuses telles la thérapie cellulaire par greffe de cellules souches ou cellules neuronales embryonnaires ou les thérapies géniques, bien que cette maladie n’est que très peu d’origine héréditaire.

 

Quelques conseils :

  • Les symptômes différant entre les patients, il est important de comprendre que chaque personne montre des besoins spécifiques en termes de traitements. Ce n’est pas parce qu’un traitement ne fonctionne pas chez une personne atteinte de Parkinson qu’il aura aucun effet chez une autre, et inversement.
  • La plupart des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne commencent pas les traitements avant plusieurs années. En effet, il s’agit d’une maladie à évolution lente et il n’est pas toujours nécessaire de traiter les symptômes dès le début.
  • En dehors des traitements thérapeutiques, il existe de nombreuses alternatives (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie…) permettant de diminuer les symptômes et pouvant être suivies avant même tout médicaments ou intervention chirurgicale.
  • Il est important, quelque soit les traitements suivis, que la personne reste entourée par son entourage. En effet, ces traitements et leurs effets secondaires sont parfois difficiles à supporter et peuvent entrainer une sensation d’impuissance, surtout en cas d’échec. De plus, les phases off (présentant de nombreux symptômes) sont difficiles à surmonter et nécessitent beaucoup de soutient.
  • Continuer à entretenir une bonne hygiène de vie et favoriser une routine dans les taches du quotidien reste primordiale.
  • Enfin, les symptômes apparaissant plus régulièrement lorsque les personnes se trouvent dans un état émotionnel dégradé, il est important que le patient se sente le mieux possible.