Fiches pratiques - Handicap psychique et aménagements en milieu professionnel

Le handicap psychique recouvre des réalités très variées et peut atteindre tout un chacun à travers des pathologies telles que la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression chronique ou encore les troubles borderline. Toutefois, une personne présentant l'un de ces troubles n'est pas nécessairement en situation de handicap.

Les manifestations du handicap psychique peuvent avoir un impact plus ou moins important sur le travail en milieu ordinaire. Cependant des aménagements sont possibles, pour la personne en situation de handicap, comme pour son employeur et son équipe.

Nous tâcherons donc de dresser ici une présentation (non exhaustive) de différents aménagements possibles, et d’envisager comment le collaborateur peut participer à ces cette évolution de l’environnement de travail.
 

Des aménagements spécifiques possibles


Les aménagements doivent toujours être pensés de manière individualisée, car même s’il s’agit de la même pathologie, les compensations seront différentes chez chaque personne : elles dépendront de ses capacités propres et du poste qu’elle occupera sur des fonctions précises. Différents types d’aménagements sont possibles.
 

La compensation technique

Il s'agit des aménagements concernant le poste de travail dans sa dimension matérielle. Il va s'agir notamment de modifier le lieu de travail (bureau ou open space, ambiance de travail), acquérir des équipements et logiciels adaptés, améliorer l'accessibilité du lieu...
 

La compensation organisationnelle

L’entreprise peut proposer des aménagements au niveau de l'organisation du travail, par exemple en modifiant ou en réduisant les horaires de travail, en créant des supports écrits ou informatiques pour favoriser l’autonomie, en privilégiant des consignes claires et précises, en modifiant la répartition des tâches, en adaptant les objectifs de production, en permettant  le télétravail…
 

La formation

Les personnes touchées par le handicap psychique ont souvent plusieurs années d'expérience sur leur poste, qui peut ne plus être adapté à leur situation. Il est donc parfois nécessaire d'accompagner la personne dans une période de transition professionnelle, et de lui proposer des formations adaptées à ses éventuels besoins : la perspective d'un reclassement professionnel est parfois nécessaire (ex : Burn-out suite à une situation de harcélement moral).
 

L'aide apportée par des personnes ressources

Outre les aménagements techniques et organisationnels, la personne en situation de handicap psychique peut bénéficier d’aides apportées par d'autres personnes de son environnement de travail. Par exemple, l’entreprise peut mettre en place un tutorat pour aider la personne à la hauteur de ses besoins et identifier plus clairement les adaptations nécessaires. Elle peut également organiser des évènements afin de sensibiliser l’ensemble du personnel à la question du handicap au travail.
 

Partager son environnement professionnel avec une personne en situation de handicap psychique


Au quotidien, chaque collaborateur peut contribuer à la facilitation des conditions de travail de la personne en situation de handicap psychique, en établissant avec elle un dialogue et une relation de confiance.

  • Le handicap psychique ne doit pas être un tabou : il est important de poser des questions quand cela s’avère nécessaire, d’inciter la personne à exprimer ses craintes et de ne pas adopter une attitude maternante ou d’assistanat envers elle. En effet, l’encourager à remplir les tâches qui sont les siennes permet de valoriser sa participation, ses compétences et ses points forts.

Pour réagir de manière adaptée aux manifestations parfois déconcertantes de la personne souffrant de handicap psychique, il faut d’abord les comprendre. Voici quelques exemples :

  • L’isolement de la personne en situation de handicap psychique est souvent interprété par ses collaborateurs comme un rejet personnel. Cependant, cette attitude consiste généralement en une lutte contre l’anxiété, elle est donc à respecter tout en invitant la personne à maintenir le contact et la relation.
  • Lorsque la personne semble ailleurs ou fonctionne « au ralenti », ce n’est pas de la mauvaise volonté. Ainsi, en faisant preuve de patience et de respect pour son rythme personnel, en lui proposant de fixer des repères par des mémos, agendas, listes... elle pourra accomplir le travail attendu.
  • Il arrive que la perception de la réalité soit altérée chez la personne souffrant de troubles psychiques, elle est alors convaincue de son propos. Il n’est donc d’aucune utilité de la contredire. En revanche, respecter sa position tout en soulignant que l’on a un avis différent est plus constructif, de même que de continuer à faire des propositions sans les imposer. Il peut aussi être utile de davantage se focaliser sur les émotions de la personne que sur son discours, notamment si vous la sentez angoissée.
  • Lorsqu’elle manifeste des idées noires ou des angoisses, le collaborateur peut aider la personne en lui proposant des repères rassurants, fixes et réguliers. Il faut en revanche éviter les reproches et les comparaisons avec d’autres personnes. On peut également l’encourager à faire appel aux professionnels adéquats (le médecin du travail, le manager, le tuteur, le médecin traitant, le psychiatre…).
  • Le handicap psychique peut conduire la personne à manifester des comportements transgressifs ou inadaptés. Le collaborateur doit alors garder son calme et maintenir le contact, respecter la perception de la personne, (re-)préciser les règles de fonctionnement et les comportements attendus, et si nécessaire faire appel au collaborateur représentant l’autorité dans la structure. Eventuellement, il peut être opportun de relayer la situation vers un professionnel interne ou externe.

Si vous souhaitez davantage de renseignements sur les manifestations du handicap psychique au travail, n'hésitez pas à consulter notre fiche correspondante : Handicap psychique et situation professionnelle.