Fiches pratiques - Etudes universitaires et troubles psychiques

Etudes universitaires et troubles psychiques

Etre affecté de troubles bipolaires, de dépression, de troubles borderline ou encore de schizophrénie peut engendrer de véritables difficultés pour effectuer des études universitaires. Cependant, cet obstacle n’est pas insurmontable et des stratégies existent pour obtenir son diplôme. Etre atteint d’une pathologie n’est pas synonyme d’incompétence, même si les symptômes de ces maladies peuvent avoir une incidence certaine sur le déroulement des études.


Qui plus est, l’insertion sociale au sein d’une promotion peut permettre de se sentir valorisé et de ressentir un mieux-être qui favorisera la prise en charge globale. Cependant, étudier à distance peut être plus indiqué dans certaines situations. Enfin, l’élaboration d’un projet professionnel et de perspectives à long terme est un sujet important dans la construction de toute personne : il ne faut donc pas mettre de côté l’éventualité des études malgré ses difficultés.


Néanmoins, il est tout aussi important de connaître ses limites et de ne pas négliger sa santé au profit de ses cours. Vous faire accompagner dans ce projet est donc important.


Quelles incidences des troubles psychiques sur les études ?

La majeure partie des troubles psychiques se déclarent durant la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte. Il n’est donc pas si rare qu’une pathologie comme la schizophrénie ou comme la bipolarité se déclare durant la scolarité et perturbe le bon déroulement des études. Une ou des interruptions pour raison de santé peuvent alors être nécessaires pour plusieurs raisons, même si elles semblent subies :

  • Privilégier sa santé
  • Faire le point sur ses capacités et sur ses envies
  • Eventuellement réévaluer son projet professionnel
  • Se renseigner sur les dispositifs existants
  • Enfin, il faut avoir conscience des problèmes concrets qui peuvent se manifester à l’université, soit à cause des symptômes, soit à cause du traitement en lui-même :
  • Problèmes pour effectuer des rendus à l’oral : inhibition ou désinhibition (troubles bipolaires et dépression), troubles du langage (schizophrénie)
  • Difficultés organisationnelles, soucis pour prioriser les tâches
  • Le travail en équipe peut être aussi un challenge dans certains cas
  • Se retrouver en autonomie ou inversement avoir un encadrement trop lourd peut être contraignant.
  • Troubles du sommeil qui affectent l’assiduité, surtout le matin. Les effets secondaires de certains traitements peuvent être en cause.
  • Difficultés de socialisation avec le reste de la promotion à cause de préjugés existants à l’encontre des troubles psychiques ou à cause de certains symptômes (anxiété massive par exemple).

Chaque individu aura toutefois ses propres réactions et sa propre façon d’y réagir. Il est donc important d’identifier les problèmes qui découlent des troubles, ceux qui découlent éventuellement des traitements, mais aussi vos points d’améliorations : s’organiser ou travail en équipe est une compétence qui s’apprend et se perfectionne.


Comment éviter les écueils ?

Il existe donc un certain nombre d’écueils qu’il est possible de contourner en employant certains supports et outils et en adoptant certaines stratégies :

  • Eviter la surcompensation : Ne pas mettre la barre trop haut est crucial. Apprendre à son rythme est la meilleure solution à adopter et évitera un stress supplémentaire malvenu.
  • N’hésitez pas à vous procurer des supports écrits ou informatiques qui favoriseront la prise d’autonomie
  • Demander des consignes claires et précises de la part des enseignants peut être un plus non négligeable : comprendre ce que l'on attend de vous est toujours un avantage.
  • Bénéficier d’un aménagement de ses horaires ou opter pour les études à distance peut aussi être bénéfique si le cadre universitaire s’avère pesant.
  • Identifier ses points forts et ses faiblesses et les travailler
  • De nombreuses facultés mettent en place des systèmes de tutorat entre étudiants qui peuvent être d’une grande aide.

Dans tous les cas, c’est à l’étudiant de définir la stratégie qui lui correspond le mieux en fonction de sa situation. Le parcours doit être individualisé en fonction du cas de chacun. De plus, les troubles psychiques sont des pathologies chroniques et donc évolutives : la stratégie la plus adapté à l’instant T ne l’est peut plus un an ou deux plus tard.


Comment et à qui parler des troubles psychiques ?

Parler d’une problématique telle que les troubles psychiques ne doit pas être pris à la légère. Il s’agit d’une démarche personnelle qui doit être mûrement réfléchie. Il n’est donc pas obligatoire d’en parler à ses camarades ou à ses enseignants : il s’agit d’informations confidentielles vous concernant.
Sachez toutefois que les universités ont toutes des référents handicap dont le rôle est d’être votre interlocuteur privilégié.


Le référent handicap :

Son rôle est de répondre à vos interrogations. Il peut par exemple donner des pistes de réponses sur certains des points suivant (liste non exhaustive). Toutefois, son rôle n’est pas de prendre les décisions à la place de l’étudiant. Il est aussi tenu au secret professionnel et le consulter résulte toujours d’une démarche volontaire.

  • Est-on obligé de parler de son handicap ?
  • Quel est le meilleur moment pour en parler ?
  • Quels sont les aménagements envisageables ?
  • Comment parler de son handicap ou de ses troubles ?
  • Vers quels acteurs puis-je me tourner ?
  • Comment envisager mon orientation au vue de ma situation ?

De manière générale, il est conseillé d’éviter de parler de sa pathologie en termes médicaux, à l’exception bien sûr des membres du corps médical : cela risque de créer de la confusion et de l’incompréhension. Les termes techniques comme par exemple « comorbidités » ou encore « troubles de la volition » n’éclaireront pas une personne qui n’est pas formée.


Il peut être plus pertinent d’en parler en termes d’aménagements nécessaires et difficultés concrètes. Son rôle est aussi de vous aider à préparer votre intégration professionnelle, de vous renseigner sur les aides existantes comme par exemple la PCH, mais aussi de vous orienter vers des associations spécialisées ou encore de vous aider dans votre recherche de stage ou de contrat d’alternance.