Fiches pratiques - Autonomie et accompagnement aux toilettes dans la maladie d'Alzheimer

et incontinence 

Autonomie et accompagnement aux toilettes

Pour une personne en perte d’autonomie, se rendre aux WC et s’y débrouiller seule est très important. Il convient donc de stimuler son indépendance le plus possible.

Installation

 

Vous pouvez, dès le début, convenir ensemble d’une image qui représentera bien sa vision personnelle des toilettes et définir le mot qui convient le mieux pour elle (WC, toilettes, cabinet…). Ainsi vous les collerez sur la porte et au-dessus du WC pour qu’elle assimile bien l’association du dessin et du mot avec l’endroit qu’il désigne. Ainsi quand les troubles de la désorientation se feront plus sévères, elle pourra se repérer à ces signaux. Vous pouvez également peindre la porte d’une couleur plus vive, différente de celle des autres. Et plus tard, mettre un système de fléchage avec cette même couleur et ces mêmes signaux.

  • Veillez à ce qu’il y ait un bon éclairage dans cette pièce, enlevez les tapis de sol, installez des accessoires identifiables et visibles (dérouleur de papier toilette, poubelle…). Évitez le noir ou les couleurs sombres qui peuvent être perçues comme un trou (surtout au sol). Il vous faudra supprimer la poubelle car elle peut être identifiée comme un pot.
  • Une poignée sera très utile à un moment ou à un autre pour aider à s’asseoir et à se relever.
  • Toujours pour pallier à la désorientation et permettre qu’elle se repère la nuit, pensez à laisser la porte entrouverte et laissez la lumière allumée. Sinon vous pouvez aussi installer une petite veilleuse.  

Accompagnement :


Au fur et à mesure de la maladie, des lacunes vont s’installer. De la perte de repères à la non-compréhension des réactions de son corps, il faudra vous adapter à chaque étape afin de l’accompagner avec douceur et respect.


Au début, les lacunes ne seront pas forcément fréquentes, peut-être juste de temps en temps. Vous devrez alors simplement être à proximité et vous signaler : « Je suis là en cas de problème ».


Vous allez devoir vous armer de patience et user de stratagèmes pour pouvoir accompagner votre proche aux toilettes. Rares sont les personnes qui acceptent tout de suite cette intrusion dans leur intimité et admettent leur état de régression. 

Sachez instaurer un climat de confiance et d’intimité même dans l’urgence, tout en montrant que c’est nécessaire.

Quand les troubles commenceront à s’installer, essayez de ré-enclencher les réflexes de gestuelle. Des fois, il ne suffit que d’un mot ou d’une position adéquate pour que toute la gestuelle des toilettes se mette en marche.

  • Guidage verbal : au début, verbalisez l’action et l’instant : « nous sommes aux toilettes, tu vois ils sont là, c’est pour faire pipi… » (Sans trop de mots non plus pour rester clair et ne pas donner trop d’informations). Ces phrases permettent de re-situer le malade et d’induire la gestuelle propre aux toilettes et à l’élimination. Évitez les phrases du genre « mais non pas comme ça » pour ne pas braquer ou vexer votre proche. Préférez plutôt les encouragements : « essaye comme ceci ». Il fera peut-être encore certains gestes et il vous faudra les identifier pour le laisser les faire le plus longtemps possible par lui-même. N’intervenez que si vous le voyez en difficulté. Essayez de le guider en fonction de ses propres habitudes, avec les mots qu’il utiliserait lui.
  • Guidage verbal et gestuel : si le guidage verbal ne suffit plus pour certains gestes, joignez y le mimétisme : montrez comment faire pour baisser son pantalon ou s’asseoir en décomposant vous-même le geste (ou sur lui s’il ne comprend pas). 
    • Si cela ne suffit plus, essayez d’amorcer ses gestes : d’abord, la position est importante. En effet, la personne va se retrouver dos aux WC et le fait de se tourner peut lui faire oublier où elle est. Verbalisez toujours et encore. Ne lui faites baisser son pantalon qu’une fois dans le bon sens afin d’éviter les accidents. Quand on est pressé, le fait de baisser sa culotte envoie au cerveau le message « je suis prêt » et le temps de se tourner, il sera trop tard. Mais aussi et surtout parce qu’il sera dangereux pour une personne âgée de se tourner avec le pantalon sur les chevilles.
    • Une fois tournée vous pourrez, si elle ne comprend pas vos paroles ou vos mimes, lui poser les mains au niveau des hanches, sur la ceinture du pantalon et cela suffira peut-être à enclencher le mouvement. Veillez à ce que l’arrière de ses jambes touche le WC afin qu’elle le sente et comprenne qu’elle peut s’asseoir. Au besoin prenez-lui la main et posez-la sur la lunette des toilettes pour qu’elle se sente en sécurité et ajuste son geste pour se baisser.
    • Il en sera de même pour l’utilisation du papier toilette : Guidage verbal, mimétisme, guidage gestuel, ainsi que pour se relever et se rhabiller.

Incontinence :

Quand la maladie aura avancé au point que votre proche n’identifie plus ses envies d’aller aux toilettes ou n’arrivera plus à l’exprimer, vous pourrez instaurer des heures fixes, selon ses habitudes de vie. Recréez des réflexes d’élimination.
Pour vous faire comprendre, utilisez le geste et la parole : touchez le bas de son ventre par exemple en demandant si elle a envie d’uriner. Décrivez la sensation que cela produit quand on a envie d’aller aux toilettes.
Faire couler un petit filet d’eau peut souvent stimuler l’envie d’éliminer.
 

Selon les étapes de la maladie, il existe différents accessoires qui peuvent vous aider :

  • Les protèges slips : pour les petites fuites, à glisser dans le slip ou la culotte. Il en existe des formes adaptées aux hommes. Il sera peut-être plus difficile de faire accepter ce genre de protection à un monsieur (les femmes ayant l’habitude des serviettes périodiques). Ces  “serviettes” sont déclinées en plusieurs épaisseurs selon l’importance des fuites urinaires.
  • Les pants/pull-up : Ces culottes sont un très bon moyen de maintenir une autonomie tout en palliant les gros incidents d’incontinence. Il en existe de très fins et discrets, décorés comme une culotte, pour une acceptation en douceur.
  • La protection ou change complet : à la forme d’une couche avec des attaches autocollantes sur le côté. Utilisée quand le malade n’a plus d’autonomie aux WC et a besoin d’être changé par un tiers. 
  • Le re-hausseur : il se pose sur les toilettes et permet une assise moins difficile puisqu'il réhausse les toilettes. Il procure une sécurité à la personne qui a peur de tomber et refuse de s’asseoir. Il permet aussi d’éviter certaines douleurs à ceux qui ont beaucoup de mal à se baisser et se relever.
  • La chaise percée : même si le malade doit être guidé jusqu’aux WC et a besoin de quelqu’un pour accomplir tous ces gestes, le fait de s’asseoir sur les toilettes et éliminer normalement est une victoire et procure du confort. Le confort de ne pas rester dans une protection souillée, la stimulation de la continence, la mobilisation,etc. Tout cela reste important et nécessaire. Cette chaise permettra de réduire les déplacements du malade si les toilettes sont trop loin et apportera aussi du confort à l’aidant si les WC sont trop étroits pour deux. Si vous placez cette chaise dans une chambre, veillez à installer un paravent ou un rideau afin de garder l’intimité et de délimiter la spécificité de cet objet et de l’endroit.